Cap Business Océan Indien mobilise les acteurs sur l’Adaptation fondée sur les Écosystèmes

Cap Business Océan Indien a organisé, le mardi 4 novembre, au Labourdonnais Waterfront Hotel, Port-Louis (Maurice), la deuxième édition de The Move – Accompagner le changement. Cette conférence régionale avait pour thème « Exploring Finance and Action for Private Sector engagement in Ecosystem-based Adaptation ». Elle s’inscrivait dans le cadre du projet « Renforcement de l’engagement du secteur privé dans l’Adaptation fondée sur les Écosystèmes (EbA) », soutenu par le Critical Ecosystem Partnership Fund (CEPF). Organisée en mode hybride, cette conférence a réuni une centaine de participants, marquant une étape clé dans la mobilisation du secteur privé régional autour d’un objectif commun : intégrer l’EbA dans les modèles économiques et les stratégies de croissance. 

 

« L’EbA est une réponse concrète et économiquement viable pour accroître la résilience de nos économies face aux risques climatiques. Les cyclones, les sécheresses, ou encore la montée des eaux menacent le capital naturel sur lequel reposent nos économies insulaires et, par conséquent, le bien-être des populations. En s’appuyant sur la biodiversité et les solutions fondées sur la nature, il est possible de s’adapter durablement à ces changements », a déclaré Virginie Lauret, directrice de Cap Business Océan Indien. « Avec cette édition de The Move, Cap Business Océan Indien participe au renforcement des capacités locales à travers l’échange et l’apprentissage collectif. Cette conférence a permis de réunir différents acteurs pour discuter des freins mais aussi explorer les solutions qui existent. Investir dans l’EbA, c’est investir dans l’avenir économique de notre région ». 

 

Face aux défis du changement climatique, l’EbA s’impose comme un levier de résilience et de compétitivité économique. À travers des tables rondes et des études de cas, les participants ont exploré la viabilité économique de l’EbA, identifié des opportunités de financement et partagé des initiatives concrètes mises en œuvre par le secteur privé dans la région. 

 

La première table ronde a réuni Stéphanie Druguet de la Délégation de l’Union européenne, Gina Bonne, chargée de mission « Environnement Durable et Climat » à la Commission de l’océan Indien, Pamela Bappoo-Dundoo, coordinatrice nationale du programme UNDP GEF SGP et Stephan Lebon, Group Sustainability Manager de la Mauritius Commercial Bank. Les discussions étaient axées sur un enjeu central : comment rendre le financement de l’EbA plus accessible et durable pour le secteur privé. Malgré son potentiel, l’EbA demeure encore peu utilisée par les entreprises de la région, en raison notamment du manque d’information et de l’accès limité aux financements verts. Une évaluation régionale menée par Cap Business Océan Indien, avec l’appui du CEPF, révèle que la majorité des entreprises interrogées expriment le besoin d’outils financiers adaptés et d’une meilleure coordination entre acteurs économiques et institutionnels. 

 

Les discussions ont permis de présenter différents instruments financiers, de partager des modèles de partenariats public-privé adaptés et d’identifier des leviers pour transformer l’engagement en investissement concret. Le financement, ont souligné les intervenants, reste à la fois un défi et une opportunité, nécessitant une collaboration étroite entre secteur privé, institutions financières et partenaires de développement. 

 

La deuxième table ronde a mis en lumière des entreprises malgaches, mauriciennes ou encore seychelloises qui ont intégré l’EbA dans leurs activités. Ces initiatives, menées en partenariat avec des institutions publiques, des bailleurs, des ONG et des universités, démontrent qu’une approche collaborative est essentielle à leur réussite. Les échanges ont permis de dégager des facteurs clés de succès, mais aussi d’identifier les défis à surmonter pour amplifier et reproduire ces pratiques au bénéfice des économies et des populations. Cette table ronde a réuni Baholy Ramahavalisoa, Biodiversity Manager du Groupe Axian de Madagascar, Rosetta Alcindor, consultante en développement durable des Seychelles, et LooveshSharma, enseignant à l’Université de Technologie de Maurice. Ils ont échangé avec Neeveditah Pariag et le Dr Lee Robert, les deux consultantes impliquées dans le renforcement des capacités des chambres de commerce et d’industrie et des 10 entreprises de la région bénéficiaires du projet de Cap Business Océan Indien. 

 

La conférence s’est clôturée sur une étude de cas présentée par Constance Hotels & Resorts, groupe hôtelier mauricien présent dans plusieurs territoires de la région. Cette session, animée par Djaved Fareed, Corporate Sustainability Manager de la chaîne hôtelière, a offert une illustration concrète de la mise en œuvre de l’EbA. Elle a montré comment les principes sont traduits en actions tangibles, tout en mettant en lumière les étapes clés, les défis rencontrés et les principauxenseignements tirés de cette expérience.